De retour à Dakar depuis le 10 décembre 2010

Publié le par le grain voyage


Un graineur est reparti il y a quelques jours à Dakar, avec dans sa besace un projet pour appuyer nos partenaires et amis de "village pilote" dans leur action d'insertion des jeunes des rues de Dakar grace à l'agroécologie ...


Alors voilà mon journal de bord ... (Gilles) 


 Vendredi 10 décembre.

Nos retrouvailles avec Loïc de Village Pilote, et comment on s'organise pour les jours qui viennent ...

 

Voyage Tournon Dakar RAS mais long l'attente à Casablanca, 7 heures d'escale ...

A mon arrivée à 6 h du matin à Dakar, Alassane et Monique étaient à l'aéroport pour m'accueillir, 25° ...

Matinée surprise avec une manif des étudiants de l'université Cheir Anta Diop où travaille Alassane, juste en face de son balcon ... l'intifada, jets de pierres, bombes lacrymo et charge de CRS en armure ! bref, le folklore !

L'après midi, premier rdv de travail avec Monique et Loïc de Village Pilote.

D'abord, Loïc nous remercie tous de l'aide que nous allons apporter à VP. Le projet séchoir tombe à pic, ils ont une nouvelle équipe de jeunes avec lesquels le projet agroécologie va prendre forme, d'autant qu'ils disposent maintenant du terrain contigue à VP de 4 hectares dédié au maraichage (apparement, la transaction n'est pas encore terminée, mais VP peut commencer à cultiver sur ce terrain).

laboLe labo de séchage était initialement prévu dans les cuisines de VP, mais les travaux ne sont pas enc ore terminés, alors le labo va être aménagé et pouvoir être opérationnel très vite dans un local carrelé dédié au départ à la buanderie/salle de repassage, mais les jeunes ne l'utilisant pas, ce local pourra servir au moins au départ pour la préparation des denrées à sécher. Les fonds du Conseil Général Ardèche n'ayant pas encore été débloqués, nous pourrions commencer avec des tables et des toiles cirées, faire quelques achats de contenants, et mettre en service les deux machines à découper Dynacube et Dynacoupe emmenées dans mes bagages.13122010107 [640x480]

Nous avons opté pour envoyer dans un premier temps 4 ou 5 animateurs VP et peut etre un ou deux jeunes en formation "séchages"dans les locaux de CEAS à Notto (petit rappel : CEAS est l'association qui nous fournit les séchoirs - et peut etre aussi d'autres matériels comme des pompes à pieds - et dépend de la fondation suisse Albert Sweitzer). Initialement, il était question de faire venir un spécialiste CEAS pour une semaine de stage à VP, mais la formule choisie sera plus souple (envoyer les jeunes se former en plusieures tranches par exemple) et moins onéreuse. La prise en charge financière de ces formations devrait se faire (d'après le projet de budget) sur les fonds propres du Gr@in.  Premières photos sur le site du tremplin ici 

 

Samedi 11 décembre :

 

Arrivée à Thies en fin de matinée. J'ai amené notre mobylette pour une révision complète, elle devrait etre prète lundi soir. Repas dans un restau à Thies Thieboudienn pour Alassane et moi, Bassi saleté (!) pour Monique, couscous de mil avec une sauce rappelant étrangement celle du Wigila servie le 27 novembre à Tournon, mais pleine de légumes variés.

Léo et Alimatou sont à un mariage à Fandène. On les retrouve le soir vers 20h. retrouvailles chaleureuses.

 

Dimanche 12 décembre :

Rencontre avec Almut, à propos du projet du gr@in pour soutenir les groupements de femmes de Fandène ... en chemin, Omar, le fils d'Alimatou s'effraie d'un caméléon ...

DSCF3542 [640x480]Toujours grâce et avec Monique, rencontre avec Almut, la dame allemande installée à Fandène, à 5 mns du champ d'Alassane et Monique, elle aussi vivant sur un (modeste) champ, et avec laquelle Monique a rencontré les responsables des groupements de femmes de Fandène (projet moulin à mil/petit élevage)

Elle rentre dans quelques jours dans sa famille en Allemagne pour les fetes de fin d'année, mais reviendra dès début janvier, car elle est en train de préparer une grande foire aux semences paysannes prévue le 22 janvier à Fandène même ! J'enrage car mon billet de retour est prévu le 18 janvier ! Cheville ouvrière de ce projet, elle organise ça en coopération avec plusieurs organismes, dont notre partenaire Niil Jam et la copagen () (programme de la foire aux semences  à joindre en PJ). Almut est une personne de grande valeur pour nous, ici depuis des lustres, connaissant très bien les villageois(e)s, faisant une analyse et envisageant des solutions très proches de nos propres options, en lien avec un certain nombres de nos autres partenaires (Niil Jam, SPS à N Diémane, Terre et Humanisme ...) et avec un très bon lien avec Monique, aui est à fandène la moitié de l'année, et l'autre moitié à tournon ... quelle chance !

Après lui avoir présenté le Gr@in et notre plaquette "programme 2009/2011 en Afrique du Gr@in", et fait un rapide compte rendu des réflexions suscitées par le rapport de Monique sur les réunions, échanges et  propositions, nous abordons à batons rompus plusieurs aspects du projet "groupements de femmes à Fandène".

l  les deux demandes d'aides formulées font échos à des programmes déjà mis en place par DSCF3551 [640x480]d'autres ONG : le petit élevage est en train de se mettre en place avec le concours d'une très vieille et très grosse ONG américaine. Mais les femmes rencontrées à Fandène ne font pas (encore ?) partie du programme. Quant au moulin à mil, il existe dans un hameau proche, a été installé pour servir à plusieurs hameaux, mais il ne fonctionne plus.

l  Almut insiste sur la validité du projet élevage : le petit élevage est une source de revenus simple, bien connue et bien maitrisée par les femmes, sans le concours des hommes (important !) : les femmes qui perçoivent les animaux les élèvent , puis gardent pour elle les petits qu'elles revendent, sauf un qu'elle doivent transmettre à une autre femme du groupement - sauf bien sur quand un imprévu familial (en général, maladie grave d'un proche) les oblige à revendre les animaux pour payer les médicaments ou l'hopital. Almut nous suggère de démarrer avec les quelques femmes présentes à la réunion, qu'elle connait bien, et auxquelles on peut accorder toute confiance.

l  Le moulin pourrait être réparé avec un financement du gr@in, à condition que sa gestion soit perenne. C'est le cas dans d'autres hameaux où le fonctionnement d'un moulin similaire est opérationnel, géré par un groupement de femmes.

l  Nous présentons le projet proposé par Alassane : faire faire une étude qualitative par ses étudiant(e)s pour faire émerger les besoins réels des femmes de Fandène. C'est une innovation, Alassane n'a jamais mené une telle enquète en milieu rural et sur de tels thèmes. Ce projet séduit beaucoup Almut. Mais il y aura un gros travail avec des difficultés :

  définir le contexte et le contenu de l'enquète

  répérer les étudiantes susceptibles de mener l'enquète (en wolof, ou encore mieux en serere (les familles concernées sont à Fandène souvent Sérères)

  persuader les familles des étudiantes de laisser leurs filles partir une semaine ou plus en milieu inconnu

  financer l'hébergement et les déplacements des étudiantes (estimation des frais à évaluer)

Mais manifestement, démarches et résultats devraient etre TRES interessants. Le jeu en vaut manifestement la chandelle !

l  j'aborde avec Almut le projet séchoirs solaires. Elle estime qu'il faut peut etre remettre le couvert sur ce programme, et trouve très intéressant de faire des installations à venir de Village Pilote un lieu sinon de formation, du moins visitable par les femmes des groupements.

Repas du soir avec un grattin de papayes vertes (inconnu de nos amis Sénégalais qui ont beaucoup aimé !)

 

Lundi 13 décembre :

Nous voilà au CEAS à côté de Thies, cet organisme va nous fournir des séchoirs solaires ... et peut être beaucoup d'autres choses ...

Rencontre (Gilles, Monique et Léo) avec Pierre Marie Diedhiou et de l'équipe du CEAS, à Thies, puis sur le lieu de l'implantation du centre de formation et des ateliers de fabrication (à Notto, 12 kms de Thies sur la route de Diourbel). Rencontres très fructueuses. Monique avait déjà rencontré Pierre Marie et visité Notto (Léo, l'ami et employé de Monique et Alassane à Fandène chargé du maraîchage a fait un stage avec CEAS au printemps dernier) et ainsi des relations chaleureuses ont été tissées entre Monique, Léo, et Pierre Marie et toute l'équipe de CEAS.

Visite en 2 temps : présentation des locaux et des différentes activités à Notto, puis bouclage du calendrier du programme Village Pilote.

 

CEAS est une association totalement indépendante de droit sénégalais, en jonction permanente et en13122010087 [640x480] partie financée par la fondation suisse Albert Sweitzer. Les options choisées par cette fondation, et donc aussi par CEAS se fondent avec  celles du gr@in : actions d'appui aux agriculteurs des pays sahéliens, avec échange de compétences en agroécologie visant le développement d'activités génératrices de revenus et visant à l'autonomie des populations en matière alimentaire et financière.

CEAS a commencé son activité à Thies en 2004 avec la mise en place d'un atelier de fabrication d'outillages agricoles à motricité humaine mis au point par la fondation AS au Burkina Faso : pompes à pieds et à bras, séchoirs solaires, couveuses, moulins à mil et plus récemment presse à huile et machine à fabriquer du grillage. En deuxième temps, il s'est agi de créer un centre de formation à l'usage de ces différents outils et à d'autres notions liées à l'indépendance des paysans dans leur activité (gestion, ...)

En troisième lieu (2007) a été créé un centre de séchage industriel (avec label bio Ecocert) pour fruits et légumes avec séchage au gaz.

L'appui que le gr@in sollicite avec notre projet de séchage solaire est l'installation d'une unité de séchage à Village Pilote et la formation des personnels et des jeunes.

La deuxième partie de la matinée a été consacrée à la mise en place du calendrier et du cadre de l'intervention de CEAS à VP, avec :

  1. Installation d'un premier séchoir et visite d'une journée d'un technicien de CEAS sur le site de village pilote d'ici la fin décembre, afin de définir les travaux à prévoir en amont de la mise en place de l'installation
  2. Etablissement d'un devis complémentaire pour l'aménagement d'une table inox de découpe, et de pompe à bras et/ou à pied.
  3. Visite de responsables de Village Pilote à Notto, et rencontre avec Pierre Marie.
  4. Mise en place de l'unité de séchage et réalisation des premiers tests dans la première quinzaine de janvier.
  5. Pour la formation des équipes, 2 possibilités :

1.      formation sur site à Village Pilote, présentant l'inconvénient d'être lourde financièrement (environ 800 €) et peu souple

2.      formation sur le site de Notto, dans le cadre de formations subventionnées, moins onéreuses et permettant des sessions de formation de plusieurs petits groupes de jeunes tout au long de l'année au fur et à mesure des besoins.

L'équipe du CEAS a manifesté son souci d'accompagner le processus de Village Pilote, puis des autres projets à suivre dans ces domaines, non comme un prestataire de services, ou vendeur de matériel, mais comme un véritable partenaire, c'est à dire en suivant l'évolution du programme, en étant disponible pour répondre aux questions posées, et bien sur en assurant un suivi/entretien du matériel. Ce qui nous convient parfaitement ! CEAS est d'ailleurs antenne du BIT (bureau international du travail) en matière d'accompagnement à l'insertion des jeunes, avec des programmes de formation dans ce sens.

RDV a donc été pris pour la fin de cette semaine pour le démarrage du programme.

Repas de midi avec Alimatou et Léo autour d'un plat Casamançais de riz au poissons avec une mousse à base de gombo et oseille de guinée (très bon)

Apres midi, récupération de la moto remise en état pour 12 000 CFA (18 €) et .. repas avec des papayes vertes crues rapées ...

   

La suite du journal, c'est pour bientôt !... et d'autres photos aussi !

 

 

Gilles

 

 

 

Publié dans Agroécologie

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