Fandène (Sénégal) : une collaboration qui se précise pour le gr@in

Publié le par le grain voyage

Vous avez déjà entendu parler de Fandène, au gr@in ...

Village situé à 4 kms de Thies et 80 kms de Dakar, c'est là que nos amis Monique et Alassane ont élu domicile ...

Un champ, des projets agricoles, et bien sûr des rencontres avec les habitants.

FANDENE, deux jours de rencontres très enrichissantes ...


Et surtout les habitantes ...

Monique a commencé depuis pas mal de temps déjà à leur parler de nos projets de collaboration dans le domaine agricole.

Photos sur le contexte agricole de Fandène

Alors le 11 juillet dernier, elle leur a proposé une rencontre ... et nous en fait un compte rendu ... de quoi alimenter notre réflexion ...

 

 

Reunion de femmes à Fouth, Fandène le 11 juillet 2010

 

Etaient présentes:

Alphonsine, Hélène, Félicité, Rosette, Louise, Thérèse, Joséphine, Almut, Monique.

 

Le but de cette réunion, à l'initiative d'Almut, est d'échanger autour des besoins de la population

féminine de Fandène avec le séchage solaire comme proposition du GRAIN (association française

dont Gilles Bertrand est le président)

 

La réunion débute par la présentation de chacune des participantes.

  • Almut a travaillé comme volontaire allemande dans l'ONG AGRECOL (agriculture biologique) et qui exploite un champ à Fandène-Ndiamdioroh.

  • Louise s'occupe d'une boutique, aide son mari dans la gestion quotidienne, est trésorière du groupement des femmes de Ndiamdioroh.

  • Rosette est membre du groupement de Fouth, fait du commerce de balais et trsse des paniers en rônier.

  • Thérèse récolte des fibres de rônier et les vend pour la confection de balais, récolte du kinkeliba.

  • Alphonsine fait du commerce (« lalo », paniers, « mboum », « ndour »), une fois par semaine, elle préside le Réseau des femmes de la zone de Fandène.

  • Hélène récolte du kinkéliba (vendu à Dakar), s'occupe de la gestion du moulin à mil de Fouth.

  • Joséphine est présidente du graoupement de femme de Koussoune, fait de l'élévage (poules, cochons) et du petit commerce d'arachides grillées (« thiaf »)

  • Monique partage son temps entre Fandène et la France, fait partie de l'Association « le Grain » qui travaille avec le Sénégal et le Mali.

 

A remarquer que les femmes sont bien organisées (depuis 20 ans) dans les groupements où elles se partagent certains travaux: ex achat de poisson pour le village. Les bénéfices vont à l'achat de biens communs (ex: matériel de cuisine pour les fêtes).

 

Almut propose d'évoquer « ce qui marche » et « ce qui pourrait être amélioré ».

Nous commençons les discussions par des explications sur le séchage des fruits et des légumes (mangues, papayes, bananes, tomates,gombos, oignons etc...) et son intérêt (conserver le surplus de la production et l'utiliser quand ce n'est plus la saison)

 

Nous goûtons des bananes séchées (très appréciées) pour illustrer un exemple de séchage de fruits.

 

Alphonsine trouve cette idée de séchage intéressante et se souvient qu'elle et Almut en avaient déjà parlé il y a quelques mois. Cependant elle fait remarquer qu'il n'y a pas de bananes dans la région, que la production de mangues est faible cette année et que le maraîchage est peu pratiqué par manque d'eau. La technique du séchage n'est pas appropriée aux conditions de Fandène

 

La discussion s'ouvre alors sur les autres intérêts du Grain et sur les demandes possibles des personnes sur place.

 

Louise parle de l'intérêt qu'auraient les femmes de Ndiamdioroh d'avoir un moulin à mil sur place. Actuellement elles sont obligées d'aller à Thiès ou à Koussoune, ce qui coûte du temps et l'argent du transport, et c'est difficile pendant l'hivernage (période des pluies de juillet à septembre)

Il serait intéressant pour elles d'avoir un financement (un moulin à mil coûte aux environs de 2 à 3 millions cfa, c'est à dire 3000 à 4500 euros, possibilité de s'approvisionner à Thiès avec suivi technique)

 

Almut fait remarquer que ce moulin serait à bien gérer entre les femmes, par exemple mettre de côté des réserves pour les réparations.

 

Thérèse propose un autre projet: financer des animaux de petit élevage (moutons, chèvres, porcs). Comme dans d'autres villages de la communaité de Fandène.

Almut précise: financer un début d'élévage utilisable par tous.

Alphonsine explique que le financement pourrait se faire pour ¼ ou 1/3 des familles et que dans 3 ou 4 ans, avec les nouveaux-nés, toutes les familles seraient bénéficiaires. Tous les villages seraient intéressés par des animaux alors que le moulin à mil ne concernerait que Ndiamdioroh. Les animaux donnent aussi du fumier pour la terre.

 

Almut pose le problème des aliments pôur les animaux en saison sèche. Pour les porcs, les aliments sont récupérés (par ex auprès des restaurants et hôpitaux en ville)

 

Monique donne quelques précisions sur le Grain, c'est une jeune association avec des moyens limités, dont l'envie est d'échanger, d'aider mais non dans la « prise en charge' des uns par rapport aux autres.

 

Evaluation des prix: (1000 cfa= 1,5 euros)

  • Environ 10 000 cfa (15 euros) pour un porc, 15 000 cfa pour la race améliorée

  • Environ 20 000 à 25 000 cfa pour un mouton (30 euros)

  • Environ 15 000 cfa pour une chèvre

Almut rappelle les sources locales de fourrage, les participantes connaissent des herbes fourragères

« khat », Andropogon gayanuset « saf » qu'on peut conserver comme foin, des arbres fourragers (Leucaena, « loro » Ficus sp.) que les animaux aiment beaucoup, à planter le long des clôtures pour nourrir les bêtes en saison sèche.

 

D'une manière générale, il faut penser à « l'accompagnement » si on a des bêtes.

 

Jean Marie Tine, neveu d'Alphonsine, prend part à la conversation en parlant du programma d'hivernage pour préparer la saison sèche, avec le « niébé » par exemple.

 

Quelques considérations sont échangées sur l'intérêt d'un animal par rapport aux autres: un mouton est vendu plus cher qu'une chèvre mais les moutons sont plus calpmes que les chèvres, à savoir qu'il est l'animal le plus facile à élever. Pour les porcs, des corvées pénibles pour ramener leur alimentation sont nécessaires.

 

Nous arrivons à la fin de la réunion, Monique rapportera le contenu de la séance au Grain, nous verrons ce qu' il en résultera.

Quelques autres idées sont évoquées: achat de machines à coudre, teinture...

 

Nous remercions Alphonsine qui nous a accueillies sous l'arbre avec du thé et des boissons, Almut qui a organisé la réunion et fait le lien, les personnes qui onr assuré la traduction wolof-français tout au long.

La réunion a été riche en échanges et informations, merci à toutes d'y avoir participé.

 

Rapporteur: Monique

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