petite chronique quotidienne : le voleur et le mouton

Publié le par le grain voyage

    Ce maDSCF4561--640x480-.JPGtin, 7 h, comme d'habitude, je sors de ma petite auberge pour me rendre à quelques centaines de mètres de là à un étal pour prendre mon petit déjeuner : omelette aux oignons dans un morceau de pain, avec un nescafé au lait concentré sucré ...
     Tout au long de la rue, le spetcale est immuable : un sol jonché de détritus est soigneusement balayé par des femmes courbées en deux sur leur balai, style balai de sorcière, mais sans manche. Chacune  tente de balayer devant sa porte, pour rendre l'accès à sa concession le plus agréable possible. Après quelques minutes, de jolis tas d'ordures sont visib
les à chaque coin de rue : feuilles sèches, vieux papiers, et surtout bouteilles en plastique écrasées et sachets en plastiques.
    Une catastrophe ...
    Il n'y a pas de service de ramassage d'ordure généralisé à Bamako, hormis quelques charette
s éparses bien incapables de tout nettoyer chaque matin dans cette ville tentaculaire de plus d'un million d'habitant, s'étalant sur plus de 40 km ... et de toutes façons, pour les DSCF4476--640x480-.JPGmettre où, ces ordures, il n'y a ni déchetterie, ni même dépot d'ordure.
    Si bien que ce travail matinal des femme sera bientot vain, un coup de vent, et tout repart à travers la rue ...
Quand bien même ces tas d'or
dures familiaux seraient ramassés, l'usage délirant des contenants en plastiques est tel ici que chaque jour, le problème se reposerait ...

    Avant l'arr
DSCF4453--640x480-.JPGivée des sachets plastique, le problème ne se posait pas : Chaque famille (concession)  vit au milieu de ses animaux, moutons, chèvres, poules ... si bien que les déchets sont en général mangés par les animaux, y compirs le papier. Le reste est brûlé sans grande conséquence pour l'environnement. D'ailleurs dans les tout petits village du Mali, là où le sachet plastique n'est pas encore omniprésent, tout est très propre.
 
    L'arrivée en masse du sac plastique a été une calamité. L'essentiel aujourd'hui DSCF4479--640x480-.JPGdes ordures en est constitué, les faire brûler à même la rue est impossible, l'odeur et la pollution étant insupportable, alors voilà, ça s'entasse ... Jusqu'à quand ???

    Bref, me voilà attablé devant mon sandwich et mon café.
Tout un coup, les regards se tournent vers le carrefour, une altercation ... Deux hommes, l'un des deux plus jeune, s'invectivent ... ils en viennent aux mains. Tout de suite, un attroupement, des dizaines d'adultes accourrent, et aussi des myriades d'enfants ... ça crie, ça plaisante, quelques coups pleuvent ... Que se passe t'il ?
Mon voisin m'explique : "ce jeune, là, il a volé un mouton à l'autre ..." la foule compacte tangue, un lynchage en vue ? les vieux prennent les choses en main, on arrète un taxi, et tout ça dans un remue ménage assez indescriptible, le jeune, le propriétaire du mouton et quelques vieux sont propulsés dans le taxi, qui démarre lentement, accompagné de quelques dizaines de gosses qui courent derrière : ils vont à la police ...
La communauté s'est occupée du conflit ...

Gilles, lundi 1er fevrier.

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Publié dans En voyage

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monika hauschild 08/01/2011 22:04


bonjour, j'aime beaucoup votre BLOG, bravo, l'idée des séchoirs solaires est fascinante! concernant l'inondation des déchets en plastique, il y a justement AU MALI un nouveau processus de
transformer ces sachets en... pavés pour en faire des routes, cela se passe a MOPTI..regardez ce reportage:
http://www.france24.com/fr/20080825-reportage-mali-mopti-dechets-recyclage-transformation-paves-ecologie-afrique&navi=REPORTAGES
et faites nous savoir si vous avez pu etablir des contacts, cela nous intéresse fortement! cordialement monika